Génie

 

Le soleil rougeoyait derrière les roseaux. La mare semblait de sang. Une légère brise ridait l’eau alors que les grenouilles commençaient à lancer de timides appels. Manu jeta un caillou dans leur direction pour les faire taire. C’était surtout pour rompre l’immobilité de la scène. Il lui semblait que le temps s’était arrêté. Il devait être assis là depuis deux bonnes heures et cela commençait à lui peser. Sa vie lui pesait. Il était là, seul, une fois de plus, comme toujours.

Il regarda son visage dans l’eau paisible. Celui-ci était déformé…Pas tant que ça ! pensa-t-il...

Dieu ! Pourquoi suis-je si laid ? Une vilaine tête sur un corps maigrichon. Tout pour plaire…ou plutôt pour déplaire… Il n’avait pas eu d’accident, n’était pas défiguré…Non, il était juste né laid.

Seule sa voix était assez mélodieuse mais peu de gens le savait car personne ne lui adressait la parole. Sûr qu’il aurait aimé être Narcisse et se mirer avec délectation dans la mare. Sûr que si il avait été le marin récompensé par Vénus, il aurait baisé Sapho et elle ne se serait pas suicidée. Mais il ne faisait partie d’aucune mythologie. Il était Manu, l’étudiant en troisième année de droit. L’homme invisible de la Fac. Celui que les gens évitaient, celui dont les filles se moquaient (du moins celles qui lui jetaient un regard…) Il était Manu et il passait ses vacances chez sa tante dans la Sarthe plutôt qu’avec des amis… Il n’avait pas d’amis ! La nuit était tombée et il avait froid. Il rentra donc, la tête pleine d’idées noires, priant Dieu et Diable que cela change.

Contre toute attente, il fut entendu…   

***

La semaine suivante fut aussi longue qu’une nuit polaire et les jours aussi semblables les uns aux autres que peuvent l’être de parfait jumeaux. Il se levait tôt, potassait son droit, mangeait en silence en face de sa vieille tante qui commençait à manifester les premiers troubles de la maladie d’Alzheimer. Puis, il faisait la sieste, bûchait encore une heure ou deux et allait se promener vers l’étang jusqu’à la nuit tombée.

C’est alors qu’il trouva la bague. Comme ça, par hasard, du moins le crût-il.

Il s’était quelque peu écarter du sentier, laissant les herbes lui fouetter les mollets quand il remarqua une lueur. Il pensait trouver un ver luisant et découvrit à la place une bague de toute beauté ; un bel anneau d’or sur lequel était montée une pierre ronde. C’est de cette pierre qu’émanait la lueur. Une lueur verte, mouvante ; de minuscules nuages phosphorescents paraissaient rouler sous la pierre comme d’infimes tornades dans un ciel émeraude.

L’anneau semblait gravé et de petits picots s’échappaient du panier qui soutenait la pierre. Il l’observa tout le long du chemin du retour et faillit tomber à plusieurs reprises tant son attention était portée sur sa découverte. Il monta directement dans sa chambre sans un mot pour sa tante, qui ne s’aperçut pas de son retour de toute façon. Certains soirs, elle ne savait plus qui était ce jeune homme qui logeait à l’étage…

La lueur de la bague était moins forte en pleine lumière, mais les mouvements y étaient toujours perceptibles. L’anneau était effectivement gravé. C’était du Latin et traduire l’inscription ne lui posa pas grand problème. Pourtant, bien qu’il soit certain de sa traduction, celle-ci lui parut plus qu’obscure.

« J’obéis si Nostradamus. »

Il reposa la loupe qui lui avait permis de voir de si petits caractères et inscrivit le texte sur une feuille. Pas de doute, c’était bien «  si Nostradamus » et non pas « à Nostradamus ».

Il s’aperçut alors que les petits picots qui ornaient la bague étaient mobiles. Ils pouvaient être enfoncés ou non et étaient au nombre de cinq. Manu s’amusa quelques temps à en enfoncer certains puis tous… Il avait compris le principe, restait à découvrir la combinaison.

Il griffonna rageusement sur la feuille de papier des formules compliquées. Tout ce qui lui passait par la tête fut essayé. La transformation de « Nostradamus » selon la place des lettres dans l’alphabet, la somme de ces nombres, leur produit, seulement les voyelles, puis les consonnes… Il s’endormit au petit jour alors que la bague, sur le bureau, luisait patiemment.

***

Manu passa les jours suivants à essayer de multiples combinaisons sur les picots de la bague. Il devait y avoir 120 possibilités selon ses calculs. Il ne sortit de sa chambre que lorsque la faim le tenaillait tant qu’il croyait s’évanouir. Manu n’avait jamais pu se résoudre à abandonner un problème. Il se souvint, lors de son année de CM1, comme il avait pleuré (de rage et de dépit) face à un problème de logique que l’instituteur lui avait donné (parce qu’il était capable de le faire…) et comment les autres élèves s’étaient moqué de lui… Les années avaient passé, et même s’il ne renonçait pas facilement, Manu avait appris à lâcher prise…parfois.

Ainsi, alors qu’il avait décidé d’abandonner, et qu’il s’était remis à travailler à nouveau son droit, il eut besoin de chercher un mot dans le dictionnaire. Les pages roses qui séparaient les noms communs des noms propres semblaient le narguer, comme ses anciens camarades de classe. Il bascula le dictionnaire et chercha Nostradamus. Il lut :

NOSTRADAMUS : (Michel de Nostre-Dame) Astrologue et médecin français né à St Rémy de Provence (1503-1566) Ses prophéties (Centuries) de 1555 sont restées célèbres.

L’article était succinct, mais la bague sur le bureau, l’appelait de ses volutes. Il y avait là des nombres auxquels il n’avait pas pensé. Il essaya les différentes dates données par le dictionnaire. Les picots n’avaient que deux positions, enfoncé ou non. Il poussa délicatement le picot le plus à gauche, pour 1, le cinquième, puis le troisième. 1503. Rien ne se produisit. Pour 1566, il ne voyait pas comment faire puisqu’il n’y avait que 5 picots… Après quelques minutes d’essais infructueux, il abandonna cette date et se concentra sur la dernière date. Il enfonça le premier picot puis le dernier ; mais la lumière verte continuait de tourbillonner dans la bague sans que rien ne vienne perturber sa ronde. Il remit les petits morceaux métalliques en place. Ses  doigts tremblaient. Le pouce et l’index de sa main droite, celle qui maniait le mécanisme, étaient tout ankylosés. Manu posa la bague et se frotta les main pour se relaxer. La nuit était déjà bien avancée et les crapauds, au loin, accompagnaient ses recherches d’une étrange mélopée. Il reprit la bague et essaya une nouvelle combinaison. Premier picot enfoncé, dernier picot enfoncé une fois, deux fois, trois fois…1555.

La pierre ronde s’ouvrit en deux avec un déclic brusque. Manu lâcha la bague de surprise. La lumière verte était maintenant au-dessus de la bague qui gisait, inerte, sur le bureau. C’était en fait une petite fumée qui tournait. Il pouvait voir de minuscules étincelles s’agiter en son milieu comme les éclairs d’un orage miniature. Et puis, il recula. Bien que fasciner par ces phénomènes électriques, Manu venait de s’apercevoir qu’en tournant, la fumée grandissait. Elle devint nuage, puis tornade, dévastant tout sur le bureau. Manu avait les yeux exorbités. Tout cela se passait dans le plus profond silence. Seuls, la chute des livres et de la lampe ainsi que le coassement des crapauds troublaient l’atmosphère paisible de la nuit. Soudain, la fumée disparut. Manu, reculant toujours, trébucha sur la chaise, la renversa et se retrouva le cul par terre, une jambe coincée dans les pieds du siège, les yeux fixés sur ce qui avait pris la place de la mini tornade. Il avait du mal à voir car la lampe, qui était maintenant au sol, éclairait le mur. Il y avait là une forme…une forme humaine. Comme un nain d’à peu près un mètre de haut. La forme était de couleur verte. Elle était tassée, la tête penchée en avant, le menton sur la poitrine. Manu saisit le fil de la lampe de bureau qui était à proximité et tira dessus. La lampe vint à lui. Il la braqua en direction de la forme qui dévoila une peau écailleuse et suintante. La chose était nue mais n’avait pas de sexe. Manu resta ainsi un instant. Le temps semblait s’être arrêté. Les crapauds chantaient-ils encore ? Puis la forme bougea. Manu tressaillit et le faisceau de lumière accompagna son geste. Avec une lenteur intemporelle, la forme releva la tête. Manu put voir un nez assez long, une bouche très fine, comme une coupure et des yeux aussi verts que la plus pure émeraude. Son crâne disproportionné n’avait pas de cheveux.

- Bonjour !

La chose avait parlé ! Manu, bouche bée, assis sur le sol, continuait de braquer son projecteur comme une arme. Il n’avait pas bougé d’un pouce et était totalement pétrifié.

- Je suis ton serviteur

  Car tu m’as délivré

  Mande moi à toute heure

  Trois vœux j’exaucerai.

Manu n’en croyait pas ses oreilles. La voix du nain était nasillarde et haut perchée ; presque comique. Le jeune homme se releva enfin, remit la chaise sur ses pieds et s’assit. Son cœur semblait vouloir exploser.

- Qui êtes-vous ? questionna-t-il timidement, prêt à prendre ses jambes à son cou. Il avait peur, certes, mais la curiosité était trop forte.

- Je suis Rom. Je suis un génie. J’ai été enfermé dans cette bague, il y a … En quelle année sommes nous ?

- 1993.

- Oh ! Déjà ! Il y a donc 433 ans que je suis là dedans.

- Pourquoi vous a-t-on enfermé ? D’où venez-vous ? Qu’allez-vous me faire ? Débita Manu d’une seule traite.

- Tu poses trop de questions ! Tu as droit à 3 vœux pour m’avoir délivré. Répliqua le nain.

- Comme Aladin, dit Manu en souriant.

- Comme qui ?

- Laissez tomber ! 3 vœux dites-vous ? Cela demande réflexion…

- Alors, réfléchis, dit le génie. Pour m’appeler, tapes une fois dans tes mains, deux fois sur ton torse et trois fois avec tes pieds…Je sais que cela peut paraître ridicule mais au moins je suis sûr qu’il s’agit bien de moi !

- Parce qu’il y a d’autres personnes comme vous ? s’étonna Manu.

- Bien sûr ! Nous sommes tout un peuple mais personne ne nous voit. Nous vivons … Comment dire… sur un autre plan que les humains. Mais nous étions là bien avant vous ! Moi, je vais voir les miens. Appelle-moi quand tu auras réfléchi.

Le génie fit une révérence puis disparut dans un tourbillon de fumée verte. Manu resta interloqué quelques secondes puis il se maudit de ne pas avoir pensé à prendre son polaroïd. Cela lui aurait valu la couverture de tous les grands magazines de la planète… Il se promit d’y penser si la chose revenait… Est-ce qu’elle allait revenir ? Il frappa aussitôt des mains, son torse, des pieds, comme le génie lui avait dit.

- Tu as déjà réfléchis ?

La voix de crécelle le fit sursauter. Le génie était là, dans un angle de la pièce, pas très loin de la fenêtre.

- Non, je voulais juste être sûr d’être bien réveillé, bredouilla Manu.

-Tu l’es …Sois sans crainte.

Et il disparut de nouveau, après une petite révérence aussi ridicule que la première. Manu hésita un moment puis il descendit dans le salon. L’escalier de bois craquait sur son passage, mais il savait que sa tante dormait depuis bien longtemps et que rien ne pourrait la réveiller. Il alla directement dans le grand bahut et sortit la bouteille de gnôle que sa tante cachait derrière les piles d’assiettes. Il s’en servit un bon verre et l’engloutit aussitôt. Le feu éclata dans son gosier puis dans son ventre.

3 vœux… Aurait-il enfin de la chance ? Il pouvait demander n’importe quoi… Cette créature pourrait sûrement les exaucer, elle n’était  pas humaine…C’était fou… Il était fou. Il remonta dans sa chambre et vérifia que la bague était bien ouverte. Non, il n’était pas fou… et ça c’était vraiment passé, le désordre dans sa chambre en témoignait… Il allait pouvoir demander ce qu’il voulait… Il allait avoir son conte de fée personnel. Il éclata de rire en dansant dans sa chambre.

***

 

Il avait réfléchi tout le reste de la nuit, incapable de trouver le sommeil. Il imaginait une chose, puis une autre mais rien ne le satisfaisait. Il ne lui avait pas fallu longtemps pour trouver son premier vœu. C’était pour lui une évidence. Être plus beau ! Changer de visage… Pas Adonis, mais enfin…quelque chose d’approchant. Il avait failli appeler le génie immédiatement  après que cette idée ait atteint sa conscience mais s’était ravisé. Et si celui-ci se lassait de venir une fois après l’autre ? Il décida donc de préparé d’abord ses 3 vœux et de l’appeler une fois pour toute. L’idée de demander 1000 vœux comme second choix germa dans son esprit fatigué mais il doutait que cela fonctionne. Il noircit des tas de feuilles, écrivant tout ce qui lui passait par la tête ; une voiture de sport, se marier avec un top modèle, être une rock star, devenir riche à millions…Il relisait les feuilles puis les froissait et les jetait dans la corbeille. Les premières boulettes de papier avaient émis un son métallique en percutant le fond de la corbeille, mais ce ne fut bientôt qu’un bruit sourd et la corbeille ne tarda pas à vomir le papier. Non ! C’était SA chance mais aussi la chance de tout homme vivant sur cette planète. Il prit une feuille vierge et la découpa en trois. Sur le premier morceau, il écrivit à l’encre rouge «  un : pour moi ». Il resta le stylo levé quelques instants puis traça de son écriture rapide : « être beau. ». C’était clair et concis. Sur le second morceau, il écrivit : « deux : pour les miens – Que ma famille soit toujours à l’abri de besoin. ».

Si pour lui les choses matérielles n’étaient pas primordiales, il savait qu’il n’en allait pas de même pour ses proches. Sa mère avait coutume de dire : L’argent ne fait pas le bonheur, mais ça aide drôlement à ne pas être malheureux. Elle avait piqué cette phrase à un humoriste, mais ne savait pas lequel. Manu poussa un soupir. Finalement, il prit la troisième feuille et écrivit : « trois : pour l’humanité – Que les hommes arrêtent de s’entretuer ». Il punaisa les trois fiches sur le mur de son bureau et s’étira. C’était décidé ! Comme cela, c’était parfait. La tête pleine de rêves, il s’endormit. Demain tout pourrait commencer.

***

 

Il patienta jusqu’à la tombée de la nuit avant de faire le rituel d’invocation du génie. Il l’avait répété mentalement maintes fois dans la journée, comme le héros de ce conte de la rue Broca qui chantait la chanson appelant la sorcière… Il effectua fébrilement ce qu’il avait déjà nommé « la danse des fous », et le génie apparut.

- Alors, humain, t’es tu décidé ?

- Tout est noté là, répondit Manu.

- Les trois vœux d’un coup ! Quelle assurance, à moi que ce ne soit de la suspicion… D’accord, je prends tout ça et adieu donc !

- Comment saurais-je que cela se produira ? demanda Manu pris d’un doute.

-Tu y’en rendras compte, n’aie crainte.

Là-dessus, le génie disparut. Manu resta sur place quelques instants puis il se mit une claque magistrale qui résonna dans la chambre. Il venait d’apercevoir l’appareil photo qui n’avait, une fois de plus, pas servi. Il s’en empara et refit immédiatement la danse comique mais rien ne se produisit. L’appareil vola sur le lit avec un juron. Manu avait été assez bête pour oublier la photo…Il se consola en se disant que ce genre de bonhomme ne devait pas impressionner les pellicules photographiques. Il remarqua alors que la bague avait disparue elle aussi. Le génie l’avait-il remmenée ? Si c’était le cas, pourquoi un prisonnier s’enfuirait-il avec sa cellule ? Manu pensa à une sorte de nostalgie. Il se demanda comment tout allait se passer. Il était si anxieux qu’il décida d’aller faire un tour à la fraîche, histoire de se remettre les idées en place. Il descendit sans bruit les marches en bois de la vieille maison, prit son coupe-vent, enfila ses bottes de caoutchouc et sortit. L’air était frais et la nuit sans lune enveloppait le paysage. Tout était si noir à la campagne ! Il marcha en direction de la route, seul endroit où les lumières des véhicules lui laissaient entrevoir le paysage.

Il longea la nationale dix bonnes minutes, se rassurant au contact du goudron. Il s’arrêta et respira à fond, puis se retourna pour voir le chemin parcouru.

Alors le camion le percuta…

***

- Mon chéri ! Tout va aller maintenant, maman est là, ne t’inquiète pas !

Manu perçut les sons. La voix était familière et pleine de sanglots. On lui tenait la main. Il reconnut le contact rugueux de la main de sa mère. Il ne pouvait pas la voir. Il ne pouvait pas ouvrir les yeux.

Une autre voix…

- Comment va notre comateux ? On dirait qu’on est remonté à la surface…C’est bien !

La voix était rassurante et posé. Quelqu’un d’âgé…non ! de mûr…50 ans…

- Je suis le docteur Matéo. Vous ne pouvez pas voir car votre visage est bandé. Le camion vous a salement amoché mais on a réparé tout ça…Dame ! 5 mois de coma, ça nous a laissé du temps…Reposez-vous, ordre du médecin ! Il faut reprendre des forces.

La voix s’éloigna…Manu bougea un bras et sentit qu’il était sous perfusion. Sa mère lui fit le récit de l’accident tel que le chauffeur du camion l’avait rapporté. Manu pensa à Coluche et s’endormit.

***

- Mon premier vœu s’est-il réalisé ? pensa Manu.

Assis dans son lit, il n’osait pas ouvrir les yeux. Le Dr Matéo venait de lui enlever les bandages, mais il n’osait pas regarder. Manu connaissait les progrès de la chirurgie esthétique mais il ne pouvait imaginer qu’il avait une autre tête. Finalement, il laissa ses paupières remonter doucement, comme on lui avait dit de faire. La lumière était tamisée mais elle lui fut tout de même douloureuse. Devant lui, dans un miroir, un visage l’observait. Il mit un instant à comprendre que c’était lui. Le nez était droit et les pommettes légèrement saillantes. Il reconnut ses yeux mais tout le reste était étranger. Il y avait de cicatrices et des boursouflures mais le médecin assura que cela disparaîtrait avec le temps. Il s’observa encore. Oui, sous les cicatrices, il devinait quelque chose de gracieux. C’était fait, il était beau…Il se sourit en psalmodiant « merci, merci, merci… ». Puis il posa le miroir, et tapa dans ses mains, sur son torse et bougea les pieds sous la couverture.

Lorsque le Dr Matéo raconta cela à la cafétéria de l’hôpital, les internes éclatèrent de rire…Mais Manu, intérieurement, riait encore plus fort.

***

 Manu profita de son premier vœu exactement 17 jours. Jusqu’à ce que des complications apparaissent. Il fut opéré à nouveau et mourut sur la table d’opération d’une erreur d’anesthésie.  Sa mère fut inconsolable et fit un procès à l’hôpital qu’elle gagna.

Le deuxième vœu de Manu s’accomplit trois mois plus tard. Sa mère contemplait dans sa cuisine le chèque de plusieurs millions en pleurant. Elle n’entendit pas à la radio que de vieux missiles Ukrainien étaient partis par erreur, et fonçaient vers Washington, lançant la Terre dans un cataclysme maintes fois prédit.

Les deux tiers de la population de la planète disparurent immédiatement, les autres pendant l’hiver nucléaire qui suivit. Il n’y avait plus d’hommes sur Terre pour s’entretuer. Le troisième vœu de Manu était exaucé…

 

Dans son univers parallèle, le pseudo génie se frottait les mains. Il venait de conquérir son douzième monde et fut donc nommé Grand Ordonnateur de la Conquête. Il se remit au travail immédiatement ; plus que deux mondes pour le prochain échelon…

 

 

Didier 1993  

 

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